Garonne pleure Michel Serres

Lundi 3 juin 2019

Garonne pleure Michel Serres.

Michel Serres a toujours dit qu'il est "un fils de la Garona".

Il ne disait pas "la Garonne" comme ceux qui ne savent pas, mais GARONNE tout simplement. Il était viscéralement attaché au fleuve, à Garonne.

La Garonne est l’un des plus grands fleuves d’Europe qui relie l’Espagne à la France. En 1930, la rivière déborda et dévasta plusieurs villes, dont la ville d'Agen, faisant des centaines de morts. Quand la tragédie s'est produite, Michel Serres était sur le point de naître. Son père, marin de métier, a dû sauver sa famille alors que l'eau atteignait déjà le deuxième étage de sa maison. C'est pourquoi, dit le philosophe, il a navigué avant sa naissance.

Michel Serres, philosophe agenais, académicien français mais d'abord dans sa première vie, marinier sur Garonne avec son père et son frère. Sa maison c’est la « drague ». « On habitait Garonne. Quand on était marinier, l’habitat majeur, c’était le fleuve ». Il me semble que je ne pourrais pas vivre s’il n’y avait pas ce rapport à l’eau ». La famille Serres grattait Garonne pour en apaiser les eaux qui montaient. Ils appelaient la rivière "la garce" et "la pute" … « car elle nous emmerdait, le plus souvent. Mais on l'aimait d'amour ».

En août 2010, le SMEAG a eu la chance de l’écouter à Couthures-sur-Garonne (47), partager ses souvenirs de la crue de 1952 et son expertise avec les Couthurains.

"Plus personne ne s'occupe de Garonne aujourd'hui. Un cours d'eau c'est abord un équilibre entre un élément liquide et les solides qu'il transporte. Un jour, peut être, comme le Colorado, Garonne n'aura plus de débouché vers la mer".

Dans son livre « Habiter », il écrit : « Le fil de l’eau nous servait de drap et de couverture, les peupleraies de murs, les gravier de salons et le ciel pastel de toit ».

Crédit photo : Jean-Baptiste Rey - Aqui.fr - août 2010

 

Couthures-sur-Garonne (47)